Grégoire Dugueyt
Contributing Writer
Partir à Beyrouth pour une année universitaire ne signifie pas seulement rater les élections présidentielles en France ou les Jeux Olympiques à Londres, mais aussi la Coupe du Monde de rugby en Nouvelle-Zélande. En effet, suivre un match de rugby au Liban où le ballon ovale n’est pas aussi populaire que le ballon rond relève d’un véritable challenge. Alors que la rue Hamra diffuse en continu des matchs de football du monde entier, la recherche d’un café diffusant un match de rugby correspond à un parcours du combattant. On assiste donc à cette compétition à distance prenant des nouvelles de France, où l’ambiance monte à chaque victoire difficile de l’équipe de France contre les Anglais en quart de finale (19-12) ou contre les Gallois en demi finale (9-8).
Lorsque la nouvelle d’une confrontation entre le XV de France et les fameux All-Blacks en finale se répand dans les médias, manquer cette rencontre historique n’est pas envisageable même si elle a lieu un dimanche aux alentours de 12h00. La solidarité française se met en place afin de pouvoir voir cette finale historique alors que les libanais restent plutôt indifférents et s’amusent de notre enthousiasme.
Dimanche 23 octobre, tout est prêt, les ressortissants français se retrouvent chez des amis, chez des cousins, oncles ou tantes et se tiennent prêts à savourer cette rencontre tout en dégustant un camembert avec une baguette et un bon vin rouge, bien sûr ! Certes, ils sont loin de la France et de cette liesse de supporters qui se retrouvent place de l’Hôtel de ville pour suivre en direct la rencontre sur écran géant, mais néanmoins ils sont heureux et fiers d’être derrière leur petit écran.
La rencontre commence par le traditionnel haka des All-Blacks soutenu par toute une nation, auquel répond le V de la victoire formé par le XV de France, qui se tient prêt à relever ce défi. La première mi-temps est un véritable combat de guerriers durant lequel les Néo-zélandais parviennent, par l’intermédiaire de Woodcock, à franchir la ligne d’en-but française pour mener 5-0. Mais dès le retour du vestiaire, les Français, galvanisés, repartent à l’attaque. Et leur envie ne diminue pas, malgré une pénalité transformée par Donald. Au contraire, Thierry Dussautoir, élu joueur de l’année 2011, conclut un mouvement collectif en s’aplatissant entre les poteaux. Cet essai transformé par Trinh-duc porte les Français à un point des Néo-zélandais (8-7) et la fin du match se résume à une bataille où la bravoure et le courage des Français ne parviennent pas à faire trembler la montagne Néo-zélandaise. Les Bleus ont livré un « match d’anthologie » pour la dernière rencontre du sélectionneur, Marc Lièvremont, qui sort de la conférence de presse à la fois « immensément triste et immensément fier ».
De retour mercredi en France, bredouilles mais fiers de leur parcours, les joueurs de l’équipe de France ont été reçus à l’Elysée par le président Sarkozy avant d’être acclamés par 20000 supporters place de la Concorde. Merci les Bleus de nous avoir fait rêver !